24 novembre 2014

Chronique : TRAUMATISME – Weirdophrenia

« Si j'avais vraiment une tumeur, je la nommerais Marla. Marla... La petite écorchure qu'on a sur le palais et qui ne peut cicatriser que si on cesse de la lécher... mais on ne peut pas. »



A l'instar du narrateur de Fight Club, si j'avais une (gentille) tumeur, je la nommerais Weirdophrenia, car depuis que j'ai reçu le-dit CD il y a quelques jours, il tourne en boucle sur ma platine et ne me laisse pas cicatriser de la folle impression qu'il m'a donnée. Et tout cela dans le bon sens du terme.



En temps normal lorsque j'écris une chronique, je mets d'un côté les points forts, de l’autre les points faibles et je me fais un petit plan très scolaire « thèse/antithèse/synthèse »... Je pense que l'antithèse va être bien courte cette fois car, ce qui est généralement reproché à Traumatisme (mais dont les amateurs du contenu plutôt que du contenant tels que moi n'ont que faire) est la maigre qualité auditive résultant des petits moyens techniques dont dispose l’auteur. Toutefois ici, à force de persévérance et de choix judicieux notamment pour les enregistrements vocaux, Weirdophrenia nous offre une qualité audio bien supérieure à ces prédécesseurs. Vous pourrez donc ici montez le son à fond sans craindre de faire grésiller les aigus, et vous pourrez même accompagner les mélodies en chantant.




La première nouveauté ici réside dans le côté très sobre de la jaquette comme de l'homme en lui-même. Fini les longues dreads roses, les chapeaux rigolos et les multiples accessoires. Nous rencontrons cette fois un Traumatisme à mi-chemin entre James Bond et Edsel Dope. La jaquette, elle aussi très ascétique, s'illustre par des photographies du maitre de cérémonie très judicieusement placées au sein des différentes pages du livret. C’est net, propre et direct, mais toujours déviant et original.



Musicalement, notre 007 à crête nous montre qu'il sait se renouveler sans perdre son auditoire dans le processus en nous concoctant ses mélodies très traumatisantes qui rentrent dans la tête pour ne jamais en sortir. On retrouve ainsi nos amis les claviers joyeusement barrés qui faisait l'identité de Two Heads are Better Than One auxquels s’ajoutent de nouvelles influences très variées qui apportent un nouveau visage à l’empreinte musicale de Traumatisme. La voix, beaucoup plus claire et chantante, qui n'est pas sans rappeler celle de Dave Gahan, vous fera voyager de morceaux rock alternatifs marqués  de new wave (Morgue is Vogue, Teenage Radio Hell), à de véritables bijoux maniaco-burlesques (High Spirits, Humor Tumor) en passant par l'hypnotique et hanté Clockwork Lullaby, le synthétique Superstar Fiend et le conte de fée pour traumatiser les adultes Meat the Black Sheep. Impossible de ne pas citer le slow très années 50 (The Flamingos vous dites ?) Cold Blue Valentine, qui en plus de la poésie de son texte est sans doute la première chanson d’amour gay maniaco-dépressive sur laquelle vous pourrez langoureusement danser. Bien que Weirdophrenia ait déjà gagné ses galons lors de l’écoute des 9 premiers morceaux, ses véritables trésors se trouvent selon moi dans les deux dernières compos. High Spirits est une magnifique valse macabre, hommage à Danny Elfman et à Tim Burton dont le sujet très grave et douloureux est traité avec poésie et cynisme. Humor Tumor est quant à lui une "Killing Joke" d’humour cynique (oui encore) et de psychose hyperactive ou le texte comme l’instrumentale entrainent son auditoire dans un tourbillon déroutant.

 


Le message passe, que ce soit par la jaquette, la musique ou bien les textes, cette fois Traumatisme s’attaque à du sérieux : l’industrie de la musique, les réseaux sociaux et les médias en général, pour ne citer que quelques sujets, même les clowns et les habitudes alimentaires sont de façon très pertinentes lynchés sur la place publique.


Que nous réserve Traumatisme à l’avenir ? Impossible de le prédire. All my Friends are Dead, qui introduit l’album, clos les débats des opus précédents. Il faut donc l’accepter, nous découvrons ici un nouveau Traumatisme qui ne semble pas prêt d’arrêter de nous surprendre.

 


28 mars 2013

Psycho Beach Nightmare - chronique de l'album 2013 de TRAUMATISME



Et nous revoici, un an plus tard, avec un nouvel album entre les mains. Le nouvel avorton de TRAUMATISME. Cette fois-ci, je ne pars avec aucun préjugé, après la surprise que nous avait réservé le précédent album (Two Heads Are Better Than One), il me semble évident qu’il ne faut s’attendre à rien de la part de notre rockeur fou. Aussi, ai-je bien fait.



Tout d’abord, l’aspect visuel de la jaquette traduit à la fois une originalité toute nouvelle ainsi qu’un retour aux sources : épanchement coloré presque indécent et humour évident. Mais rassurez-vous, ce n’est pas parce qu’il est question de plage dans le titre et sur la jaquette que vous allez avoir droit à des tubes de l’été aussi vide de sens que de vocabulaire et d’originalité. Hey ! Il s’agit de Traumatisme ici, et s’il est bien un qualificatif qui lui sied particulièrement bien, il s’agit sans conteste d’original.  Encore une fois nous est livré ici une nouvelle histoire, un nouveau personnage et une nouvelle musique.

PBN est probablement l’album le plus varié que notre rockeur à dreadlocks ait pu nous confier jusqu’à présent. Ainsi nous irons de la balade mélodiquement décalée (Good Mourning Skin) à la compo électro méga-entrainante (Alien Nation) en passant par les habituels tubes traumatisants aux refrains inoubliables (Surfing on a Gravestone, Dark side of the Mood). PBN vous fera rire (Cruel Scummer, Dark Side of the Mood) et vous fera pleurer (The Curse of the Queerwolf, Routine Roulette). La majorité des titres sont ici des OVNI musicaux (The Candyman, Post Mortem Vacation, Deadbeat Relatives) dotés d’une réelle richesse textuelle, mélodique et musicale. J’ai par le passé tellement insisté sur les talents de paroliers de Traumatisme que je n’insisterai pas cette fois-ci. Il est cependant évident que ceux qui ne s’intéresseront pas aux paroles passeront à côté d’une richesse prosaïque et de l’essentiel de ce qui fait de Traumatisme ce qu’il est. Comme sur THABTO, les claviers ont principalement remplacé la guitare, qui je dois l’avouer me manque un peu (surtout quand je repense à la mélodie merveilleuse qui conclue The Monsterman de l’album Horrorwood Rocks ! 2), mais qui remplissent complètement leur rôle grâce à l’atmosphère qu’ils participent à créer.


L’ambiance est ici bien différente de celle de THABTO, qui me faisait l’effet d’être dans une chambre d’asile au plein milieu d’un cirque hanté (mais ça, c’est à cause de mes neurones défaillants). Non, PBN nous emmène à la plage, sous le soleil, avec un drôle de vampire, un canard jaune et un corbeau en plastique… si si, je vous assure. Mais, si j’étais Maitre Yoda, je vous dirais bien «  sois prudent jeune padawan, aussi évidentes, les choses ne sont pas », mais je ne suis pas jedi et je ne suis surement pas aussi avisée que ça.

Je n’ai pas envie de trop en dire, aussi pour saisir un peu mieux de quoi PBN retourne avant de dépenser, Ô malheur, 10 euros inabordables pour vous procurer l’album sur www.traumatisme1.com, vous pouvez tout de suite regarder le clip de Cruel Scummer, premier petit joyau terriblement drôle et sombre extrait de PBN en lien juste en dessous.


Je conclurai par un hors sujet en remerciant le Blondie Zombie Rocker, le Jester Master et le Queerwolf qui habitent les hémisphères cérébraux de Monsieur T. pour nous apporter tant de plaisir par la souffrance que leur fait endurer leur hôte lorsqu’il écrit leur histoire.


3 avril 2012

Two heads are better than one - Chronique du nouvel album de TRAUMATISME



Si je devais résumer en une phrase courte Two heads are better than one, je dirais que notre rockeur traumatisant a croisé Elvis avec Frank'n Furter de The Rocky Horror Picture Show et a mélangé le tout avec son habituel rock psychobarré entraînant, des références par dizaine, et une ambiance et un thème dignes de la première saison de The American Horror Story.

Finalement ce n'est plus une phrase courte.

Avant de découvrir la musique, il y a la jaquette : elle est sobre, claire et travaillée, à la fois dérangeante et vieillotte, comme drôle et enfantine. Les titres des morceaux, eux aussi, sont très travaillés, et il n'y a pas une compo qui ne porte pas le nom d'un « master/monsterpiece of rock ». Puis, on allume la chaîne et on découvre la musique...

Ce qu'il faut savoir, ou plutôt, ce que l'on découvre, quand on écoute pour la première fois THABTO, c'est qu'il ne faut s'attendre à rien de la part de Traumatisme. Dès la première compo, on est transporté dans un contexte à la fois très différent, mais aussi très similaire, de ce que l'on connaissait déjà.
Le fait est que notre auteur-compositeur-musicien-mixeur-producteur a décidé d'expérimenter de nouvelles techniques musicales et a tenté un voyage dans le temps, à une époque précédent encore cette apogée du rock'n roll ou pour être un vrai dur, il fallait avoir une voix a faire péter les miroirs. Non, je vous parle d'encore avant...

Une fois le premier choc passé, on découvre vraiment THABTO, sa profondeur ainsi que sa légèreté, et la première chose qu'on se dit c'est « Putain, il sait toujours aussi bien composer ! », C'est terrible cette capacité à écrire le refrain du siècle, cette mélodie qui reste des heures dans la tête sans partir. Un peu comme les tubes de l'été, sauf que là, c'est de la bonne musique. Donc on retrouve pleinement Traumatisme, ces rythmes enjoués, fanfaronnesques et rock'n rollesques. Mais il y a un petit plus, un petit décalage étrange, qui nous fait nous sentir au milieu d'une comédie musicale, un cirque de monstre, dans la quatrième dimension ou un mix entre les trois.

A la fin, on découvre les textes, et cette fois encore, on retrouve la plume du rockeur fou. Des jeux de mots par dizaines, aussi bien dans les titres, que dans les textes. Je ne les citerai pas, je ne les ai même pas tous trouvés et identifiés, mais je propose à quiconque de relever le défi !
Pour ce qui est du thème abordé, il s'agit ici d'un concept album avec un fil directeur assez équivoque (très bien mis en avant dans le titre de l'album), mais reprenant des sujets phares de l'univers Traumatisme. Ainsi, Terror Vision fait penser à Don't dream your life ( issu de Horrorwood Rocks ! 2 ndlr) et Redrum asylum à The Madman Strikes again (pareil).
Il y a du grand classique, indétronable et indémodable : le refrain rock'n roll, qui reste et ne part jamais avec Prettiest Boy in the morgue, The Jester Master, He Wolf (notamment) et il y a aussi de l'originalité, avec des constructions nouvelles (Glen or Glenda ? , Ghost Highway, It's a wonderful afterlife), mais toujours, les textes sont impeccablement écrits et maîtrisés. Toutes les émotions sont présentes, la joie, la peur, la souffrance, l'inquiétude, la parodie et le satyrisme (même si ce ne sont pas des émotions).

Comme dans tout album également, il y a les « plus », je viens de vous en donner un certain nombre, et il y a les « moins ». THABTO est le premier album de Traumatisme, entièrement auto-produit de A à Z, et certes, on sent ce petit manque de moyens techniques, qui se traduit pas des mix pas toujours parfaits et un effet sur la voix qui parfois obstrue la bonne compréhension des textes (fondamentaux à comprendre, j'insiste là dessus). Cela dit, ce problème est en partie résolu par l'utilisation d'un bon kit son ou d'écouteurs de bonne qualité. J'étais au départ nostalgique de l'ancienne façon de chanter (vous comprendrez quand vous aurez écouté), mais je trouve que cette technique s'accorde très bien à l'album. J'espère toutefois, retrouver à l'avenir cette voix plus brute et plus rauque, peut-être avec un mélange des genres, mais ce n'est pas moi le maître.

Pour conclure, Traumatisme, ce n'est pas que la musique, c'est un concept, c'est un thème, des textes, de la musique, une présentation, et ce tout créé un monde à part, une quatrième dimension où se côtoient Lon Chaney Jr, Stephen King, Ed Wood, Tate Langdon  et les dieux du rock'n roll.
L'alliance de ces thèmes musicaux et de leur poésie associée qui lient les morceaux successifs comme les chapitres d'un livre font de ce troisième album, sans doute pas le plus accessible, mais le plus travaillé, abouti et génial des albums de Traumatisme. Et je ne demande qu'une chose, rejoindre le héros de ce concept album dans sa « dead man's party », parce qu'après tout, on peut le dire, It's a wonderful wonderful afterlife...

http://www.traumatisme1.com/

The End ?

28 avril 2011

Sous le ciel de Paris...

                                 coule un fleuve joyeux
                                                                      Il endort dans la nuit
                                                                                                          les clochards et les gueux

21 avril 2011

Le dormeur du parc

Parc Bercy, Avril 2011